Prologue

Prologue
Un jeune homme.
Seul.
Comme depuis sa plus tendre enfance. Abandonné de tous...
Alors il a pris une décision : fuir.
Fuir une dernière fois.
Fuir pour ne pas mourir...
Peut-être dans ce monde existe-t-il un endroit pour lui ?
Une maison, un foyer...
Quelqu'un qui l'aime.
Il a envie d'y croire, de ne pas se laisser abattre. Une dernière fois il va tenter sa chance, pour elle. Pour cette petite étoile qui brille si fort la nuit. Juste pour lui.
Oui il y croit, il veut y croire.
Dernière chance.

Bonne ou mauvaise décision ?
La vie est faite d'imprévus, il faut apprendre à faire avec, à accepter son destin et à faire face à tous les obstacles qui se dressent devant nous...
Mais quand on est seul, cela en vaut-il vraiment la peine ?

Pourtant, est-il vraiment seul ?





<3




# Posté le jeudi 30 août 2007 06:38

Modifié le mercredi 30 avril 2008 14:53

Chapitre 1

Chapitre 1
Paris. Dans la nuit.
Il ère dans les rues de cette ville depuis longtemps. Trop longtemps.
Il ne fait rien de ces journées si ce n'est marcher, voler pour manger, marcher...
Rien de bien passionnant. Mais c'est mieux que son ancienne vie.
Là au moins il est libre.
Mais il est seul...
Il relève la tête vers le panneau qui indique le nom de la rue : XIX ème arrondissement, rue de la Liberté.

Il étouffe un rire. C'est un gag ? Oui, c'est sûrement ça...
Elle est longue cette rue en plus, il passe devant tous les numéros : 1,2,3...31 enfin fini !
Pourquoi y a-t-il toujours quelque chose pour lui rappeler sa situation ?
Oui il est seul.
Oui il est libre...
Et au fond qu'est-ce que ça peut lui foutre ? Il a toujours été seul, alors dans la rue ou dans la maison des gens chez qui il vivait avant... ça ne fait pas une grande différence.
C'est drôle quand même de voir à quel point le sort s'acharne sur vous tout le temps...
Comme s'il n'avait pas déjà assez souffert...
Il tourne au coin de la rue et tombe sur une autre : rue de la Fraternité.
Là il en est persuadé, c'est une blague. Ou alors le sort est vraiment contre lui...
A peine arrête-t-il d'y penser que ça revient.
Elle passe son temps à le hanter...
Il y a des blessures qui cicatrisent plus vite que d'autre. Les siennes ne guériront jamais...
Il se met à courir, doucement puis beaucoup plus vite, comme si ça pouvait l'aider à oublier.

Il percute quelqu'un au détour d'un croisement, ils tombent tous les deux.
Ils se fixent quelques instant puis il décide de reprendre sa course.
Ou sa fuite plutôt.
Il entend l'autre crier après lui, lui dire de revenir. Comme s'il allait le faire.
Il s'est trop souvent plier aux règles et aux demandes des autres.
Plus jamais il ne laissera quelqu'un lui dicter sa conduite...
Plus personne ne lui dictera quoi que se soit.
Il est libre à présent. Ces mots prennent tout leur sens à présent...
La seule personne qui aurait pu le retenir n'est plus là maintenant. Et c'est bien pour cela qu'il est parti.
Pour l'oublier. Pour oublier toute cette souffrance qui rongeait un peu plus chaque jour son c½ur. C'était devenu trop dur de rester là-bas avec son souvenir gravé partout...
Quand on perd la seule personne qui compte, que reste-t-il à faire ?
Rien...
Il cours toujours, heurte des passant, se moquant de leurs cris de protestations.
Mais qu'on lui foute la paix merde ! Il n'a jamais rien demander à personne, alors que personne ne vienne lui demander quoi que se soit...

Et il continue de courir, encore et encore et encore plus vite... il n'a que ça à faire.
La vitesse fait fouetter le vent sur son visage, lui soulève les cheveux, dessine des larmes de froid au coin de ses yeux... ça lui fait du bien en quelque sorte.
Il a arrêté de penser quelques instants.
Mais il sait que lorsqu'il s'arrêtera, qu'il reprendra son souffle en regardant le ciel, ça fera encore plus mal.
Alors il ne veut pas s'arrêter...
Parce quand il se stoppera, ce sera pire qu'avant. La douleur aura encore augmenté.
Et pourtant, malgré ce que tout le monde dit, tout cela était uniquement de sa faute.
C'est ce qu'il en pense du moins...

Et pourtant il s'arrête. Parce que sinon ses jambes le lâcheraient, il s'écroulerait de fatigue et ça serait fini...
Mais cela ne l'est-il pas déjà ?
La vie vaut-elle la peine d'être vécue seul ?
Il s'approche d'un fontaine et observe son reflet dans l'onde immobile.
Et qu'y voit-il ?
Un jeune homme perdu, sans plus aucun repère... il tend la main pour caresser la surface, c'est froid.
Tout comme son c½ur. Plus rien ne pourra plus jamais le réchauffer.
Il s'allonge sur le rebord, ferme les yeux un instant. Il a peur de les rouvrir et de voir que rien n'aura changé, qu'il sera toujours seul, qu'elle ne sera pas là...
Des larmes commencent à rouler sur ses joues, elles le brûlent. Autant que cette souffrance accrochée à son c½ur. Il saigne encore et il saignera toute sa vie.
Ses paupières s'ouvrent malgré lui et les étoiles envahissent son champ de vision. Le ciel est noir, illuminé par tous ces astres.
Mais une brille plus fort que les autres.
Encore et toujours plus fort.
Les ombres du passé n'ont pas eu raison de cette lumière. Les fantômes ne l'ont pas atteinte. Elle est toujours là.
Depuis si longtemps.
Depuis trop longtemps.
Elle ne devrait pas être là.
Bordel elle n'aurait jamais du mourir...
Et pourtant elle n'est plus là, et il reste tout seul. Elle l'a abandonné lui aussi. Mais c'était sa faute là lui.
C'est lui qui l'a tué...

Si cette étoile luit dans le ciel pour toutes ces personnes dans le monde, c'est à cause de lui.
Et il se hait pour ça. Elle est morte à cause de lui. Alors pourquoi ne pourrait-il pas la rejoindre ? Pourquoi doit-il rester seul ici ? Pourquoi doit-il continuer à souffrir ? Pourquoi doit-il vivre ? Pourquoi ne peut-il pas mourir ?
Elle est partie...
Il doit rester.
La vie est une garce...
Il ferme à nouveau les yeux et repense à avant. Avant tout ça. Quand il était heureux. Quand elle était là ...
On lui a dit d'oublier et de passer à autre chose. Mais comment faire quand la culpabilité vous enchaîne et vous retient contre elle ? Quand on ne peut pas lutter, que faire ? Quand on est seul et que personne ne prend le temps de nous aider, que faire ?
Il entend de la musique et des cris de joie dans l'immeuble en face de sa fontaine.
Cela lui brise encore plus le c½ur...
Lui ne rira plus jamais. Il n'aura plus droit au bonheur. Il ne sera plus jamais heureux. Il se l'ai interdit le jour où elle est partie. Si elle ne vivait plus alors lui non plus.
Elle est morte alors il a décidé de ne plus vivre...
On aurait pu lui venir en aide, le faire sortir de cette torpeur. Mais non. Ils étaient tous bien trop occupés...
Ils l'ont laissé couler, s'enfoncer. Ils l'ont laissé mourir...
Maintenant ils en paient le prix. Ils ne le reverront plus jamais. Peut-être cela les arrange-t-il au final. Il s'en fou. Il fait ça pour lui. Pour elle. Pour eux...

Il se relève et recommence à fuir. Fuir cette musique. Fuir cette chanson qui lui rappelle tant de souvenirs. Des flashes lui brouillent la vue, les larmes aussi. Tout remonte d'un coup à cause de cette chanson. Bordel tout est contre lui. Tout lui rappelle son passé. Tout lui rappelle elle...
Tous leurs souvenirs lui emplissent la tête, son c½ur saigne de plus en plus. Son ancienne vie refait surface. Cette part de lumière en lui essaie de revenir mais c'est trop douloureux de penser à tout ça. Et pourtant ça continue de le torturer. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde... il n'oubliera jamais. Mais ça le blesse tellement d'être ici sans elle.
Et c'est bien trop dur à supporter, à accepter. Accepter qu'elle n'est plus là elle aussi. Par sa faute...
Il court et court et court jusqu'à en perdre haleine. Mais cette fois il ne s'arrêtera pas avant de tomber, de n'en plus pouvoir et de se laisser mourir.
Jusqu'à ce que son dernier souffle l'emmène près d'elle. C'est tout ce qu'il demande alors pourquoi n'y arrive-t-il pas ? Pourquoi est-il toujours en vie ? La mort ne veut pas de lui mais il trouvera un moyen de la rejoindre.
C'est un serment...

Un jour il l'a retrouvera, il pourra à nouveau caresser ses cheveux si fins et doux, il pourra à nouveau poser ses lèvres contre les siennes, il pourra à nouveau sentir sa peau toucher la sienne, il pourra à nouveau lui dire « je t'aime », il pourra à nouveau lui faire l'amour... un jour ils seront à nouveau ensembles.
A cette pensée il pleure encore plus fort. Pour l'instant il est seul. C'est sa dernière chance. Il ne supportera pas une autre désillusion. S'il ne prend pas un nouveau départ, s'il n'arrive pas à s'en sortir alors il arrêtera de se battre.
Même s'il lui a promis, même s'il vit pour elle. C'est devenu bien trop dur de continuer si elle n'est plus là à ses côtés... il n'a pas assez de force sans elle.
Mais il lui a donné sa parole. Sa parole de vivre malgré tout. C'est si dur parfois qu'il abandonne. Comme il l'a si souvent fait. Et pourtant il doit poursuivre sa route. Pour elle. Pour son souvenir. Pour que leur amour ne s'éteigne jamais...

Ses pieds heurtent une bosse sur le trottoir et il trébuche. Il tombe sur le goudron froid. Mais son bras le brûle, il saigne. Encore du sang... ça ne change pas grand chose.
Il se relève péniblement et marche jusqu'à un banc le visage toujours inondé. Il est seul, personne ne traîne dans les rues à cette heure-ci. Tant mieux, il ne veut pas sentir les regards curieux des passants.
Toujours ses regards plein de pitié, d'incompréhension, de haine parfois. Ils sont devenus trop lourds à porter depuis sa disparition. Ils n'en supportera pas d'autres bien longtemps.
Il s'allonge sur un banc et écoute. Il essaie de percevoir un son dans le silence qui l'environne, mais rien. Aucun son ne vient envahir son esprit. Il est vraiment seul...
Sa respiration se calme et son c½ur ne s'emballe plus. La fatigue commence à avoir raison de lui. Ses yeux se ferment doucement. Toutes ces courses l'ont épuisé, il a besoin de repos.
Il sombre dans le sommeil et plonge dans son univers. Dans leur univers...

Oui, un jour il la retrouvera...



[ édit d'Alex ; Lou, c'est super *_*. ]

# Posté le vendredi 31 août 2007 10:27

Modifié le samedi 04 octobre 2008 13:30

Chaptre 2

Chaptre 2
Mais en attendant ce jour qui n'arrivera peut-être jamais, il doit passer sa vie ici, loin d'elle.
Complètement perdu et sans personne à qui se raccrocher.
Il dort. Il cauchemarde. Encore et toujours ces images qui ne veulent pas disparaîtrent et qui le hanteront jusqu'à la fin de sa vie...
Ce rêve qui le tourmente toutes ces nuits. Il n'arrive pas à s'en détacher. Il murmure son nom chaque nuit : Marina...
Un simple chuchotement, puis un cri, et un hurlement. Il se réveille en sursaut, essoufflé. Voilà un an qu'il n'a pas passé une nuit complète, sans revenir à lui en sueur et en larmes.
Et celle-là n'aura pas échapper à la tradition. Il se rassoit sur son banc, sèche ses larmes, inspire profondément et se rallonge doucement.
Tout est calme aux alentours, seuls les bruits de la circulation nocturne parisienne viennent troubler le silence. Il doit réagir, arrêter de se laisser abattre tout le temps et prendre sa situation en main.
Il réfléchit vite : il est dans Paris, seul, perdu, sans argent ni aucun endroit où aller...
Super point de départ.

Mais au moins il est en vie. Lui. Et à quoi ça lui sert ? A faire la pire connerie de sa vie ? Si sa vie lui sert à ça, alors il n'en veut pas. Et pourtant...
Il y est rattaché. Rattaché par une promesse qu'il n'a pas le courage de briser.
Il se redresse rapidement. Trop rapidement. Sa tête commence à lui tourner, conséquence du trop peu de nourriture. Il se secoue pour faire passer le vertige et se lève. Le jour n'est toujours pas levé, il sera seul pour un moment encore.
Mais où aller ? Il vit peut-être à Paris, cela ne veut absolument pas dire qu'il connaisse la ville comme sa poche. Encore un obstacle... Il va continuer de marcher, il atterrira bien quelque part.

Ou sinon il retournera chez lui, tête baissée, yeux larmoyants. Avec cette excuse clouée aux lèvres : désolé, je voulais oublier... ça marche à chaque coup, celui-là aussi. Mais il a assez fait ça, il s'est assez défilé comme ça. Il les a assez longtemps laissé décider pour lui. Maintenant il veut faire ce qui lui plaît. Plus rien ne le rattache à son ancienne vie. Plus rien depuis qu'elle est partie...
Alors il n'y retournera pas, il ne craquera plus jamais. Il en a marre de cette vie où tout le monde a pitié de lui, le plaint, est aux petits soins pour qu'il soit heureux.
Mais bordel y a-t-il quelqu'un qui a compris qu'il n'est pas heureux ? Qu'il ne le sera jamais plus ?
Non, chacun est aveugle. Chacun préfère penser que ce qu'on lui donne lui suffit. Personne ne voit qu'il a juste besoin de tendresse, d'amour... Personne ne voit qu'il a besoin d'être rassurer, qu'on lui murmure des histoires dans l'oreille comme elle le faisait. Personne ne voit qu'il est devenu un petit garçon perdu... alors le petit s'en va et laisse les adultes avec leurs affaires de grands. Il va essayer de trouver cela ailleurs. Dans la rue ? Peut-être y a-t-il des gens comme lui. Des enfants qui ont besoin d'amour...
C'est pour cela qu'il est parti finalement : plus personne ne l'aimait, tout le monde l'a abandonné. Alors il va aller chercher du bonheur ailleurs...

Il continue d'avancer dans les rues sombres de la plus belle ville du monde comme ils l'appellent tous. Pourquoi au fait ? Ce n'est qu'une ville, avec plein de rues compliquées... Oui, il se sent vraiment tout petit à cet instant. Il a peur... il a peur d'être tout seul, seul sans elle.
Il reste cet adolescent qui a perdu la personne la plus chère à son c½ur à 15 ans.
Et il a la trouille de marcher dans Paris, surtout qu'il s'enfonce dans un quartier qui ne lui inspire pas vraiment confiance... plein de personnes assise sur le trottoir, ils le regardent bizarrement...
Des jeunes hommes un peu plus âgé que lui, le regard vitreux, complètement hagard. Des drogués sûrement. Il continue de marcher, accélère le rythme en entendant des pas derrière lui. Mais où est-il ? Il a couru longtemps hier, il a traversé la moitié de la ville...
Il lève la tête : quartier du Marais.

Oh merde. Le quartier gay. Alors c'est pour ça que tous ces gens le dévisagent comme ça ? C'est comme avant. Ils le croient attirés par les hommes. Comme avant elle... Et c'est la même chose depuis qu'elle l'a laissé, les regards et les jugements sont de plus en plus lourds à porter. Il n'y a donc personne sur cette Terre qui le voit comme une personne normale ? Comme un garçon paumé de 16 ans. Une âme en peine dans ce vaste monde qui a juste besoin qu'on lui tende une main amicale ?
Non. Chacun ne voit que ce qu'il veut voir : une vulgaire tapette. Et pourtant il ne l'est pas. Quoiqu'il ne s'est jamais posé la question. Avec elle tout était si simple. Mais maintenant tout est compliqué...
Il voudrait juste s'en aller loin, courir et se jeter dans les bras de sa maman, lui faire un gros câlin, et lui dire qu'il l'aime... Mais il n'a plus rien de tout cela, il s'est perdu autant qu'il les a perdu. Il ne sait même plus qui il est. Il marche dans les rues de Paris alors qu'il veut juste rentrer chez lui. Il est en vie alors qu'il voudrait mourir... Il marche encore plus vite, il s'égare. Il est perdu. Dans sa tête tout ce mélange : l'envie d'en finir, le besoin de calme, le désir de douceur... Pourquoi tout est-il si compliqué ? C'est trop demandé que d'être heureux ? Juste heureux ? A cet instant, il souhaiterait ne jamais l'avoir connu... Sa vie aurait peut-être été différente. Mais c'est fait maintenant. Il ne peut plus revenir en arrière. C'est trop tard...

Oh et puis ça suffit, il aura toute sa vie pour regretter ses actes, pour la regretter. Là, il doit trouver un endroit où aller pour plus tard. Il décide de penser à lui avant de penser à elle. Et peut-être que ça lui sera bénéfique. Peut-être. Peut-être pas... Il verra bien. Rien ne peut être pire que cet instant. Tout est embrouillé, ses pensées ne sont pas ordonnées, il veut aller là, il tourne dans la rue inverse... il n'est plus vraiment maître de ses propres gestes. Il s'enfonce encore plus dans des ruelles sombres, des petits endroits perdus où personne ne va jamais. Personne sauf des bandes de drogués aussi perdus que lui. Mais peut-être un jour le deviendra-t-il lui aussi ? Il passe devant eux et entend leurs sifflements de désir, leurs cris d'envie... Il se met à courir, pour leur échapper comme pour fuir. Encore. Que fuit-il cette fois-ci ? Sa peur...

Vous n'avez pas encore compris ? Il a peur. Peur d'être seul ici. Ici où tout est froid, où rien n'est fait pour lui, où les gens ne veulent que son corps...
Putain mais qu'est-ce qu'il fait là ? Il est encore plus perdu qu'avant. Il commence à se demander s'il a bien fait de partir... Mais c'était devenu trop dur pour lui là-bas.
Si seulement quelqu'un pouvait venir lui proposer son aide, tendre sa main et lui dire « viens, tu n'as pas à avoir peur... », si seulement il n'était pas seul, si seulement elle était là... mais non. Il doit se faire à cette idée. Même si ça fait mal, même si ça lui déchire le c½ur...
Il ne pourra plus jamais compter sur personne que sur lui-même. Mais la solitude ça pèse à un moment. Il verra bien à ce moment là.
Il entend des pas derrière lui et se retourne. Oh mais c'est la personne qu'il a renversé l'autre jour dans la rue ! Que fait-il là ? Pourquoi le suit-il ? Pourquoi le regarde-t-il ?
Son stress augmente. Son sang bouillonne dans ses veines lui brûle la peau et palpite à ses tempes, son c½ur change de rythme...
Dans quelle galère s'est-il fourré ? Que doit-il faire ? Courir ? Attendre de voir ce qu'il lui veut ? Aller lui parler ?
Il regarde le ciel, attendant un signe qui le guiderait. Mais rien n'apparaît... Il doit se débrouiller seul. Encore et toujours. Alors il choisit à nouveau la suite. Il détalle à grande vitesse, sillonne des rues inconnues, change de quartier... Mais l'autre est pourtant là. il lui court après. Il ne le lâche pas. Mais qu'est-ce qu'il lui veut à la fin ? Il n'ai rien demandé à personne. Qu'on lui foute la paix ! Il accélère le rythme, l'autre ne pourra pas le suivre bien, longtemps à cette allure là, songe-t-il plein d'espoir. Malgré ça, il n'arrive pas à le semer. Course-poursuite nocturne dans Paris. Un paumé contre un drogué. Drogué ? Peut-être...
Si ça se trouve il veut juste l'aider. Cependant, il ne court pas le risque, dieu seul sait ce qui pourrait lui arriver. En parlant de dieu... Non, il verra ça plus tard, quand il sera seul...
Chienne de vie. Il veut de la compagnie et il fuit quelqu'un...

Il arrive sur les quais de Seine, il a encore plus parcouru la ville que la veille. Il descend les escaliers qui mènent aux bords à toute vitesse. Arrivé en bas, il s'arrête quelques instants et écoute...plus de bruits de pas, plus de cris, plus d'appels... il est seul. L'autre a disparu. Il marche sur le quai, observant le fleuve. Il est calme et silencieux, normal pour un fleuve de ville, mais il aime à penser que chaque chose est libre et que ce fleuve a choisi son état. Pas comme lui...
Il s'approche encore plus et marche sur le bord, manquant de basculer par moments. Il ne sait pas nager, s'il tomber il se noiera, il mourra, il la rejoindra... bon plan, non ? Enfin bon, il verra bien ce qui se passe. Advienne que pourra comme on dit. Il se met en équilibre sur une bande colorée et écarte les bras. Il avance comme ça sur quelques mètres puis ferme les yeux et s'arrête. Il respire profondément et essaie d'avancer... En théorie il devrait y arriver, mais en pratique... Non, ça n'a pas l'air de marcher. Il perd l'équilibre et bascule. Mais pas du bon côté... il tombe dans le fleuve. Il avale une grande quantité d'eau, il se débat tente de remonter à la surface mais n'y parvient pas. L'eau rentre dans ses poumons et l'oppresse encore plus, l'empêchant de bouger correctement. En temps normal, il aurait battu des pieds n'importe comment pour au moins tente de remonter. Mais la quantité d'eau, la fatigue de sa course, et le désespoir le fait abandonner...
Il se laisse couler au fond du fleuve. Il ferme les yeux et pense à elle...

Il ouvre les yeux au fond de l'eau. Il n'a plus beaucoup d'air en réserve mais il s'en fou. Il laisse échapper tout ce qui lui reste et abandonne.
Il s'abandonne à la mort...
Mais cette fois-ci encore elle ne veut pas de lui. Il ne le sent pas à présent il est inconscient, des bras l'enserrent et le remonte à la surface. Il est toujours sans vie, le teint blanc, les lèvres bleues, son c½ur bat très faiblement. Trop faiblement...
Son sauveur l'amène dans une sorte de tente et l'allonge sur un matelas. Il le déshabille et essaie de le ranimer. Massage cardiaque, bouche à bouche... il a les lèvres douces d'ailleurs, mais froide.
Arrivera-t-il à le sauver ? A lui insuffler la vie qu'il veut tant laisser ?



[ édit d'Alex ; O_O. Mais tu vas vite me reprendre cette fic ! J'aime. Y a toute une intrigue ! Et bien sur, où se passe l'histoire? Paris... On se demande pourquoi xD. J'm'demande qui est tombé & qui l'a remonté. . . ]

# Posté le samedi 01 septembre 2007 13:18

Modifié le samedi 04 octobre 2008 13:12

Chapitre 3

Chapitre 3
L'inconnu est penché sur lui, ils sont toujours sur le trottoir dans la nuit froide. Il ouvre ses lèvres et les pose à nouveau sur ses autres pour lui faire partager son oxygène, lui donner un peu de vie... Il veut le sauver, il veut qu'il vive... Pourquoi ? Très bonne question. Mais cet étranger pense que chaque personne a droit à une chance, il a décidé que ce frêle jeune allongé en aurait une lui aussi. Ils ne se connaissent pas et pourtant il tient à sa vie. Qui laisserait une personne mourir sans rien faire ? Pas lui... Il essai encore et encore et encore de le ramener à lui. Mais l'inconscient veut-il seulement être sauvé ? Veut-il revenir à lui ? Son sauveur n'en sait rien et il s'en fiche. Tout ce qu'il veut c'est réussir à le ramener, le reste il verra plus tard. Il presse ses mains sur son torse encore une fois, un massage puis un autre et encore un... Son souffle se saccade à cause de ces efforts, mais il ne s'arrêtera pas. Il veut qu'il vive et il le ramènera.

Mais le jeune ne voit pas ça comme ça. Dans son esprit, tout est blanc, calme, beau, doux... Tout va bien. Il ne ressent rien. Ni le froid qui l'entoure, ni la présence de ce garçon et ses tentatives pour le ranimer. Non, à la place il voit une forme. Indistincte mais qui se rapproche un peu plus à mesure que le temps passe et qu'il est plus près de la mort. Elle est entourée de lumière. Ça se dissipe peu à peu, et il la voit enfin. Elle...
Elle est là. Devant lui. Toujours aussi belle que dans son souvenir. Ses cheveux blonds, ses yeux bleus scintillants qui respirent la douceur et la tendresse. Ils tirent un peu sur le gris à présent. Sa peau qui brille et qui lui rappelle tous leurs contacts passés. Ses lèvres sombres qui avaient le goût de fruit... Il la revoit enfin. Il va la retrouver. Il veut la retrouver et être enfin à ses côtés pour toujours. Tout laisser derrière, sa solitude, ses malheurs... pour demeurer en paix avec son amour. Une de ses mains s'ouvrent et se tend vers elle. Ses mains qui ont si souvent caresser son corps. Comme elle lui a manqué... Il veut qu'elle saisisse la sienne et qu'elle le libère définitivement de sa vie d'avant et qu'il la rejoigne... Elle regarde sa main puis le fixe dans les yeux. Il reçoit une décharge puissante quand il réalise ce qu'il y voit...
Son regard d'habitude si doux et chaud est à présent froid, dénué de tous sentiments et de sa douceur si particulière. Non, ses yeux n'expriment plus rien. Rien du tout. Ils semblent dire : « je ne veux pas de toi ici, repars. » Mais il ne veut pas repartir lui. Il veut la rejoindre... Pourquoi n'est-ce pas possible ? Pourquoi est-elle là ? Pourquoi souffre-t-il encore plus ?

Retour à la réalité.
L'inconnu sent d'un coup son c½ur se serrer. Il n'en comprend pas la raison mais ça lui fait si mal qu'il est près à tout pour que ça s'arête. Il cesse tous mouvements et entrelace sa main avec celle de cet autre. Il n'est plus totalement maître de ses actes, il se laisse porter par son instinct. Instinct qui lui dit que si ce garçon meurt, il ne s'en remettra pas. Alors il va le sauver... Il se penche à son oreille et lui murmure des choses dont lui même ne comprend pas le sens. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il tient à sa vie. A cet instant, c'est tout ce qui compte, que cet étranger vive...
Il serre encore plus fort leurs mains, comme s'il voulait réchauffer la sienne. Il lui embrasse doucement le front et continue de chuchoter ses mots de supplication. Cela marchera.
Peut-être. Peut-être pas...
C'est à cet être de faire son choix. Mais il peut l'aider. Il parle plus fort maintenant et fini par crier. Sa douleur s'accroît, son c½ur semble déchiré. Il a mal parce que son vis-à-vis a mal. Aucune logique et pourtant tortueuse réalité... ... Il ferme les yeux et espère que ça s'arrêtera, qu'il reviendra vite. Il ne se doute pas de cet étrange rêve qui se déroule en ce moment pour lui.

Bill est toujours en face de cet ange désormais si froide. Il ne comprend pas ce qu'il fait ici, ce qu'elle a. Il est entre la vie et la mort, pense-t-il. Il veut mourir et la rejoindre. Pourtant les yeux de Marina paraissent l'en dissuader. Ils sont si froids, si distants, si peu empreints d'amour. Même pas du tout. Comme si son c½ur était mort aussi... Non. Ce n'est pas possible. Elle n'a pas pu cesser de l'aimer. Il a toujours espéré que quand elle est morte, ses sentiments se sont envolés avec elle. Il refuse de croire qu'elle n'est plus celle qu'il a connu autrefois. Celle qu'il a aimé. Celle qu'il aime... Des larmes apparaissent au coin de ses paupières mais étrangement, elles ne coulent pas. Elles restent accrochées à ces cils. Sa peine grandit toujours plus et le c½ur de l'inconnu le torture encore plus fort. Bill sent une présence autour de lui. Ce n'est pas celle de Marina. C'est autre chose, de plus chaud, de plus tendre. On dirait un espoir lié à une grande tristesse. Il entend aussi une voix qui lui crie de revenir. Revenir... Pourquoi faire ? Etre seul, encore ? Souffrir, encore ? Il a assez enduré de choses comme cela depuis trop longtemps, il n'en peut plus. Il veut seulement être avec elle. Seulement ses yeux... Ca lui fait encore plus mal que toutes ces années sans elle. Pourquoi est-elle comme ça ? Pourquoi le rejette-t-elle ? Pourquoi est-elle si différente ? Si distante ? Elle ne l'a pas oublié, il le voit. Cependant elle ne veut pas de lui...et c'est pire que tout. Pire que la mort.

Ses sensations reviennent . Ses larmes dévalent ses joues froides elles aussi. Tout son désespoir et son incompréhension sortent finalement. Elle ne bouge toujours pas, ne semble rien ressentir. Elle semble... morte... et il comprend enfin : elle a changé. La mort l'a transformé. Elle ne sera plus jamais la même qu'avant, à jamais bouleversée.
Il sent une main se poser sur son c½ur. Pas la sienne. Celle d'un être qui tient à sa vie. Celui qui le supplie de revenir depuis toute à l'heure.
Il a désormais le choix : partir ou revenir. Vivre ou mourir. Elle ou... lui. Il ne le connaît même pas et pourtant il ne l'a pas laissé sombrer au fond de l'eau.
Il ne sait pas pourquoi mais d'un seul coup un désir de vie s'est emparé comme si cet autre lui avait transmis de l'espoir. Mais c'est impossible se dit-il. Il est en train de mourir. Il va mourir et se retrouver encore plus seul qu'avant.
Elle ne veut plus de lui... Alors il est réellement tout seul ? Abandonné de tous ? Si elle ne l'aime plus, que lui reste-t-il ? Une voix s'élève autour de lui. C'est ce garçon, il le sent. Il lui dit qu'il faut qu'il revienne, qu'il y a forcément des gens qui tiennent à lui, qu'il ne veut pas qu'il meurt... Il ne sait rien de lui. Pourquoi est-il là alors ? Pourquoi ne l'abandonne-t-il pas comme tous les autres ? Comme elle... Mais il se l'était promis. Une dernière chance. Peut-être est-ce celle-là. Peut-être est-ce lui... Lui qui fait tout ce qu'il peut pour le sauver. Bill décide de repartir. De la laisser encore une fois. Elle est si froide. Il ne comprend pas ce qu'elle est devenue. Il comprendra sûrement un jour. C'est un rêve très particulier, ou bien ce n'est pas un rêve. Elle est vraiment là et c'est la réalité...

Il ferme les yeux et se concentre pour revenir auprès de cet inconnu. Il veut l'oublier désormais. Ça sera dur évidemment, on oublie pas son amour comme ça. Il verra bien... Tout devient floue, elle y compris. Les couleurs disparaissent puis les formes n'existent plus. Cette lumière qui l'entourait avant s'efface et laisse place aux ténèbres. C'est maintenant. Il doit choisir pour de bon. Une part de son c½ur continue de lui appartenir malgré tout. Mais il veut revenir à lui, connaître cette personne qui tient tant à sa vie. On peut mourir à chaque instant, non ? Alors... Il avance doucement, il ne sait pas où il va. Il veut juste rentrer... le sol sous ses pieds se dérobent soudain et il se sent tomber. Tomber où ? Tomber sur quoi ?
L'inconnu voit son torse se soulever brusquement et sa main serrer la sienne. Fort. Sa bouche s'ouvre et il crache de l'eau.
Il est sauvé...

Il ouvre les yeux et pleure. Il est revenu dans ce monde qu'il a si souvent voulu quitter. A cause de lui. A cause d'un mystérieux individu qui a su le ramener... ... Il lui doit la vie. Il lui doit as dernière chance. Il ne vit plus seulement pour elle désormais.
Il pleure encore plus fort et sent des bras l'entourer. Une douce chaleur vient le serrer. C'est lui... Il le serre dans ses bras et le tient contre son c½ur qui bat vite à cause de l'émotion, se dit-il. Il pose sa tête dans son cou et laisse ses larmes couler sans retenue. Il a juste besoin de quelqu'un qui le console. Il redevient ce petit garçon apeuré en manque de tendresse. Il sanglote toujours plus. . Son sauveur passe une main sur ses cheveux et recommence à lui murmurer des mots à l'oreille. Comme toute à l'heure. Au bout de quelques minutes, Bill se calme un peu et se détache légèrement de ses bras pour se plonger dans ses yeux. C'est un test. Sa vie dépendra de ce qu'il y verra. Il ne veut plus connaître un autre rejet. Leurs regards se nouent et ne se lâchent pas, le jeune se laisse détailler par son petit revenant. Il veut lui montrer qu'il est sincère, qu'il a eu peur pour lui, qu'il aurait été prêt à n'importe quoi pour le sauver ; qu'il ne sait même pas pourquoi...

Toutes les émotions de ces instants traversent leurs prunelles. Ils sont à nus l'un comme l'autre. Bill voit tout ce qu'il veut y voir : de la peur, de la tristesse, de la tendresse... et surtout de la confiance. Il décèle cette lueur qu'il a tant cherché depuis qu'elle était partie. Cette petite flamme qui dit que cet inconnu sera là si un jour il a besoin. Aucun des deux n'en connaît le comment du pourquoi. Mais ça n'a aucune importance.
Il a trouvé les yeux qu'il cherchait. Il a trouvé celui qu'il cherchait...
Il se ré enfouit dans son cou et murmure : « merci ».

[ édit d'Alex ; Tu me reprends cette fic très vite è_é. Sinon, je te tue ! C'est tellement bien. J'adore. J'aime. J'admire. Tout se que tu veux. C'est vraiment bien. J'aime beaucoup. J't'aime aussi d'ailleurs xD. ]

# Posté le mercredi 05 septembre 2007 05:15

Modifié le samedi 04 octobre 2008 13:31

Chapitre 4

Chapitre 4
« Merci ».

Merci de me serrer dans tes bras.
Merci de me laisser pleurer sur ton épaule et de mouiller ton T-Shirt.
Merci de m'avoir ramener sur le sol froid.
Merci de m'avoir sauvé la vie.
Ils restent un moment enlacés comme ça. Bill sanglotant contre cet inconnu, ce dernier le serrant fort dans ses bras. C'est comme s'il arrivait à sentir la peine qui a envahit le c½ur de son petit protégé quand il a repris connaissance, comme s'il savait que son âme est anéantie. C'est comme s'il le ressentait aussi... Il se détache lentement de son corps encore tremblant puis se recolle immédiatement à lui. Je vous l'ai dit : il sent. Il sent qu'il a besoin de tendresse, de réconfort, de chaleur. Il a besoin de lui... Il le conduit dans une sorte de tente.
Bill chuchote doucement à son oreille :

« Merci ».

Il le sert un peu plus fort une dernière fois, l'embrasse doucement sur le front et le laisse s'alonger pour trouver un peu de sérénité après tout ça.
L'androgyne pose sa tête sur ce qui semble etre un coussin et ferme les yeux. Il paraît s'endormir...
Il se laisse emporter dans un monde sombre et plein de douleur. Ce soir il rêvera d'elle... encore une fois il revivra cette scène, encore et toujours...

Tout est calme, les rues sont inondées de soleil... Dans un parc, deux adolescents s'embrassent, allongés l'un sur l'autre. Une jeune fille blonde et un jeune homme brun. La tendresse et l'amour transparaît dans ce baiser. Ils sont si mignons ensembles. Ils étaient si mignons ensembles... Leur baiser se casse et ils rigolent doucement en se regardant dans les yeux. Ils s'aiment si fort...
Cette sensation d'invincibilité, cette impression que rien ne peut vous séparer de cette personne à qui on tient tant, le sentiment d'être au dessus de tout... vous connaissez ? Eux oui.
Il tend la main et caresse ses cheveux. Ils sont si doux... Il la regarde dans les yeux. Il l'aime. Plus qu'il n'a jamais aimé quiconque, ils sont pourtant si jeunes...
Il l'attire une nouvelle fois contre lui et l'embrasse doucement, profite de cet instant de bonheur. Cet instant d'amour. Il ouvre la bouche et leurs langues tournent encore une fois.
Ils sourient dans leur baiser. Que c'est bon d'être amoureux.
Elle se relève brusquement.

- Hey ! Tu fais quoi ? J'étais bien là moi !

- Tu m'veux ? Attrape-moi !


Ils éclatent de rire. Ca fait très... cliché comme scène. Un homme allongé au pied de sa belle qui l'éconduit...
Conn'rie de gamin de 16 ans. S'ils savaient à quel point il faut profiter de la vie. Mais ils ne savent pas, ils n'y pensent pas, et c'est peut-être pour ça que...
Elle part en courant rapidement, tourne autour des arbres, se cache dans les tobogans pour petits de 6 ans. Que c'est bon d'être un enfant. A cette période de la vie, on n'sait rien de tout c'qui va nous arriver...
Elle lui tire la langue, ils éclatent de rire. Course-poursuite dans un jardin d'enfants.

- Allez court ! Tu m'auras pas ! Tant pis pour toi...

Oh que si il l'aura. Il accélère, elle se dirige vers les grilles froides du parc, acérées par le vent. Elle s'accroche à la poignée et le nargue. Il lui sourit plus fort. Plus que quelques mètres.
Elle court de plus en plus vite, arrive à la route et se stoppe en plein milieu du passage piéton. Il arrive en courant lui aussi.

Un virage,un bruit, un rêve... un cri. Un corps qui heurte la voiture et qui roule sur le côté après un vol plané de plusieurs mètres dû à la violence du choc.
Un jeune brun se fige, essaye d'analyser l'horreur qui se déroule sous ses yeux. C'est comme si tout était ralenti, découpé... Il la voit se faire toucher, rouler sur le pare-brise, décoller, attérir au sol...
Ses yeux se posent sur ce corps inerte tandis que la voiture roule sans s'arrêter. Les informations n'arrivent pas correctement à son esprit. Il est déconnecté. Elle est là. A terre. En sang. Les yeux élevés vers le ciel attendant sa délivrance.
Puis il réalise. Tout se remet à fonctionner normalement et la réalité s'accélère. On se croirait dans un mauvais film des années 80. Un attroupement se forme autour de cette jeune accidentée. Les curieux l'observent mais aucun ne fait un geste pour la secourir. Putain. Ce que les gens sont cons...
Il court, arrive à l'extérieur du cercle formé. Son sang bouillonne de toute la haine et de toute la peur qu'il possède. Il fait dégager la foule, attrape son téléphone et apelle les secours. Enfin.
Puis il s'agenouille à ses côtés, les yeux déjà brouillés des larmes qui le tortureront tout au long de sa vie. Il ne réalise pas qu'elle meurt devant lui. Elle tourne la tête vers lui, le détaille tendrement et tente de parler mais sa machoire noyée par le sang l'en empêche. Il la prend dans ses bras et pose sa tête contre son torse. Il la serre le plus fort qu'il peut. Elle n'a pas le droit de l'abandonner. Elle ne peut pas rejoindre les étoiles qu'ils admirent ensembles chaque soir. Il pleure plus fort. Le souffle chaud commence à s'aténuer. Elle regarde le ciel puis ses yeux. Un dernier regard ? Non, elle n'a pas le droit. Pas maintenant putain ! Trop jeune, trop pleine d'espoir, trop amoureuse... Elle a du mal à respirer et gémis de douleur tandis que sa tête roule sur le côté.

Et il reste là, à la serrer contre lui. Tableau de porcelaine en cristal. Une image qu'il faut protéger du monde extérieur. Deux jeunes enlacés au milieu d'une rue baignée de soleil.
Les larmes roulent sur tous les visages autour d'eux. L'émotion leur serre la gorge et ils partagent sa douleur.
Parce qu'il a compris. Il a compris que les secours arriveront trop tard. Il a compris qu'ils ne pourront rien pour elle. Il a compris qu'il est trop tard. Il a compris qu'elle s'en va. Il a compris qu'elle meurt. . Mais il reste fort. Pour que la dernière vision qu'elle ait de ce monde soit la sienne. Pour qu'elle emporte avec elle une partie de lui à jamais. Pour ne pas qu'elle l'oublie.
Elle soupire doucement. Elle a mal. Si mal que la douleur la tire dans l'inconscience. Son esprit est soudain si lèger... Ses yeux se ferment lentement et il hurle. Il lui hurle de se battre, de ne pas le laisser... Parce que ça fait si mal d'imaginer la vie sans elle. Elle ne peut pas mourir dans ses bras. Il embrasse son front, ses joues mortellement froides, puis caresse ses lèvres sanguines. Un dernier baiser. De la douceur avant de ne plus rien ressentir. Un dernier souffle. De l'air avant de ne plus respirer. Une dernier "je t'aime". De l'amour avant de ne plus jamais aimer.
Elle ouvre les paupières, les cligne, emmèle son regard au sien. "Je t'aime aussi", y lit-il.
Puis plus rien. Plus de souffle, plus de caresse, plus d'amour, plus rien. Elle s'envole vers les cieux, laissant son corps meurtri aux larmes de celui qu'elle aimait tant. Il lache son corps et s'effondre sur le bitume brûlant de ce soleil d'été. Son poing frappe le sol et ses ongles raclent le goudron. Ses larmes trempent ses vêtements et ses crient lui déchirent le coeur. Son coeur se creuse, se consume lui-même, s'immole à la seule pensée que le sien ne bat plus. Il a si mal... Aucun cri, aucune larme, rien... Rien ne peut décrire ce qu'il ressent à cet instant. Il est si vide, si vide... Il lui manque déjà ce souffle au creux de son coeur à lui. Elle l'a emportée avec elle là bas. Et plus jamais il ne respirere comme avant. Plus jamais il ne vivre comme avant. Plus jamais il ne respirera comme avant. Plus jamais il ne vivra comme avant. Plus jamais il n'aimera comme avant...

Tout se met à tourner, ses larmes se mélangent à celles des passants, ses cris se perdent dans les sirènes des ambulances. Sa tête roule sur le côté et ses yeux fixent le ciel. Il la rejoindra. Un jour. Il s'en fait la promesse...

Le ciel devient blanc, les cris s'estompent et la réalité reprend le pas sur son inconscient. Il se réveille brutalement, en sueur. Encore ce rêve pense-t-il. Rêve. Pas cauchemard.
Ses souvenirs se reconnectent à ses pensées et il se souvient de ce qui s'est passé. De cet inconnu qui l'a arraché à ce monde qu'il hésite désormais à embrasser. Il sent un mouvement à ses côtés. C'est lui. Il lui sourit.

- T'as fait un cauchemard ?

Bill secoue la tête, il n'est pas prêt à parler. Pas maintenant.

- J'ai cru... Comment tu t'appelles au fait ?

Il hésite. Si c'est pour s'enfui ou être abandonner, pourquoi se lier ? Mais il lui doit la vie...

- Je... Bill et... et toi ?

- Tom, répond-il en souriant à nouveau. Pas trop secoué ? J'ai eu peur pour toi tu sais ?


Peur ? Pour lui ? C'est bien la première fois que quelqu'un a peur pour lui. C'est la première fois depuis elle...

Tom sort de la tente et le soleil l'envahit.

- Aller viens, on va manger. Tu dois avoir faim non ?

- D'acc.... d'accord.

Un sourire partagé. Un autre rayon de soleil. Et pourquoi pas un ciel à nouveau bleu ?




Hey . . . J'viens de lire la suite. Tu es partie, mais comme promis, je te mets se que je pense. C'est super. J'aime vraiment. Tu as raison c'est pas coupé au bon moment xDD. Masi franchement continue. Tu es douée pour l'écriture , je te le dis souvent, mais c'est vrai. Tu as tellement d'imagination. Du talent. Moi c'est se que je dis, LOU PRESIDENT XDDD. J't'aime... J'attends mon appel de 8h00 moi hein :p. <3
HAN *_*. J't'ai dit que c'était beau. Tu décris bien les choses. Que sa soit sentiments, se qui entourent les persos... Franchement, c'est super =3. Tu as du talent. Et donc, tu vas reprendre c'te pure merveille hein ?
Sinon ... Sinon je sais pas xD. Je t'aime. Et continues hein è_é. <3.



EDIT : Désolée. Vraiment d'avoir arrêté d'écrire comme ça...
Mais l'inspiration est revenue et j'ai vraiment envie de l'écrire.
En espérant que vous me suivrez...

# Posté le mercredi 12 septembre 2007 12:31

Modifié le samedi 04 octobre 2008 13:13